Réparateurs : les chiffres de la mauvaise année 2014

En marge de sa réunion presse annuelle, Autodistribution a produit des chiffres sur le chiffre d’affaires 2014 des réparateurs de tous poils. Sourcées “I+C”, ces données posent au moins autant de questions qu’elles n’apportent de réponses…

2014 restera une mauvaise année pour toute la réparation qui enregistre un piteux -0,6% sur le marché de l’entretien courant. Dans le détail, selon ces chiffres fournis par Autodistribution en marge de sa réunion presse annuelle (voir «Autodistribution confiant dans l’avenir»), ce sont les MRA (réparateurs indépendants et sous enseigne) qui ont le plus subi la conjoncture avec un recul de -1,8% de leur chiffre d’affaires en 2014. Encore faut-il relativiser ce chiffre d’I+C qui alimente ce baromètre d’Autodistribution : les garagistes auraient donc perdu un peu d’activité, mais dans un contexte plus général où ce sont eux qui, depuis plusieurs années, tirent régulièrement leur épingle du jeu. Pour sa part, le GiPA le confirme pour 2014 : en nombre d’entrées-atelier, les MRA n’ont pas contredit cette bonne tendance en cette année 2014.

MRA et Carrossiers : chiffres obscurs

Le panier moyen du MRA aurait-il donc baissé ? Probablement, les clients naturels des MRA étant les clients ruraux et péri-urbains, ceux pour qui la crise est souvent la plus violente. En outre, de quel MRA parle-t-on ? Le mix entre vrais indépendants et adhérents de réseaux manque ici cruellement pour réaliser une analyse fine de cette tendance. Car pour mémoire, les réparateurs AD, sur la même période, ont progressé de +1,6%, soit un “gap” de 3,4% avec la moyenne “tous MRA”. Cela signifie-t-il que les réparateurs sans panneau sont plus mal lotis encore ? Ce n’est pas impossible, car beaucoup d’observateurs constatent que “l’effet réseau” commence à se faire sentir chez les adhérents d’enseignes de MRA. Les têtes de réseaux se sont considérablement professionnalisées en déployant des services-support et des stratégies de communication de plus en plus professionnels et efficaces ; mais aussi parce que les réparateurs sont moins indisciplinés et plus à l’écoute des solutions proposées…

Plus surprenant, le -1% “seulement” des carrossiers dans un contexte où, pourtant, la conjoncture leur est encore bien défavorable. Mais si ce chiffre est vrai, il pose plusieurs questions. La même en ce qui concerne un possible “effet réseau” puisque là encore, le chiffre fourni par Autodistribution concernant le CA moyen de son réseau Carrosserie AD est bien plus séduisant : +5%, soit cette fois un gap de 6 points ! Une seconde question est liée à l’hybridation croissante de carrossiers qui, à leur activité historique, adjoignent de plus en plus nombreux une activité mécanique pour adoucir les frimas de la baisse de sinistralité.

RA1,RA2 et centres auto : la guerre de la garantie ?

La baisse de -1,2% des RA1 et RA2 est logiquement en phase avec ce que constate le CNPA, qui se fournit à la même source I+C qu’Autodistribution. Quant au +1,8% des centres auto −les seuls à avoir progressé en 2014 selon I+C−, il serait lié à l’élargissement de leurs prestations, avec un effet certain de leur communication « entretien avec garantie préservée » (qui explique les mauvais chiffres des réseaux constructeurs ?) et une stratégie croissante de « web-to-store ».

Mais là encore, attention aux conclusions hâtives. Ce bon chiffre des centres auto ne tient compte que de leurs ateliers alors que leurs libres-services, eux, souffrent toujours de la concurrence frontale des sites de ventes de pièces en ligne. Au périmètre des deux activités cumulées, le résultat n’est peut-être pas aussi rieur : la récente étude Xerti prédisait le CA total des centres auto à -2% en 2014…

Avec -1,6%, le chiffre d’affaires 2014 des spécialistes (fast-fitters) et pneumaticiens est à peine meilleur que celui des MRA. Mais là encore, difficile de se faire une religion définitive. Si les spécialistes semblent effectivement souffrir, de quels pneumaticiens parle-t-on ? De ceux qui sont restés arcboutés sur le difficile marché du pneu ou inclut-on dans ce panel I+C ceux qui, comme Point S et d’autres, se sont déjà évadés vers des prestations plus larges façon centres auto ?