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Le WLTP en 5 points

27 Juin 2018

Ces derniers mois, l’acronyme WLTP est sur toutes les lèvres et suscite de nombreuses craintes et interrogations. Mais qu’en est-il réellement ?

Suivant une approche de développement durable, la filière automobile est engagée depuis plusieurs années dans des actions visant à réduire tant les émissions polluantes des véhicules (NOx, particules fines…) que les émissions de gaz à effet de serre (CO2 émis par la combustion de carburant) ; des mesures qui se sont accentuées ces derniers temps pour répondre aux engagements pris par l’Union Européenne dans le cadre de l’Accord de Paris (COP21).

Afin d’atteindre ces objectifs, la Commission européenne a mis en place une législation ambitieuse avec, notamment, l’introduction par le règlement 2017/1151/UE de la procédure WLTP qui s’applique, entre autres, aux véhicules utilitaires légers.

 

Qu’est-ce que le WLTP ?

Le WLTP, pour Worldwide harmonised Light vehicle Test Procedure, correspond à la nouvelle procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières (VP) et véhicules utilitaires légers (VUL) en remplacement du NEDC, en vigueur depuis les années 1990. Jugé théorique, le cycle d’essai NEDC était devenu obsolète et peu représentatif des conditions réelles de circulation ce qui entraînait une sous-estimation des émissions de CO2 des véhicules.

Le cycle WLTP a ainsi été développé en utilisant des données de conduite réelle récoltées à travers le monde afin de refléter au mieux le profil des conducteurs de nos jours et proposer une simulation de conduite en phase avec la réalité terrain : accroissement de la durée du cycle, accélérations plus franches, vitesse plus élevée…

Ce nouveau dispositif, plus représentatif, permet donc de déterminer la consommation réelle de carburant des véhicules en utilisation et donc d’émissions de CO2. Sa mise en application est progressive et, pour les VUL, elle se fera selon le calendrier suivant :

 

Et le RDE alors ?

Les véhicules sont également soumis à des obligations quant aux émissions de polluants (particules fines, oxyde d’azote, monoxyde de carbone et hydrocarbures). Le règlement 2017/1151/UE introduit ainsi, en complément du dispositif WLTP, le test RDE, pour Real Driving Emissions, visant à mesurer en conditions réelles de circulation ces émissions.

Les tests RDE, contrairement aux essais WLTP réalisés en laboratoire, s’effectuent directement sur route grâce à un appareil de mesure portable baptisé PEMS pour Portable Emissions Measurement System.

Pour limiter les émissions de ces gaz nocifs, des règlementations européennes, dites normes Euro depuis 1990, imposent des valeurs limites d’émissions à ne pas dépasser en fonction de la classe des véhicules. Le déploiement de la norme Euro 6 suit un calendrier précis aux délais très courts passant de la norme Euro 6c à la Euro 6d-TEMP puis Euro 6d en seulement 2 ans.

 

Quel impact pour les carrossiers ?

Alors que le NEDC ne prenait pas en compte le carrossage du véhicule dans sa mesure de la consommation, le WLTP, étant plus fidèle à la réalité, va tenir compte de l’influence des équipements, de la résistance au roulement et de tout élément qui joue sur le poids et l’aérodynamisme des véhicules.

Le respect de la masse de référence d’un véhicule ne sera donc plus la seule préoccupation du carrossier qui devra désormais s’assurer que, suite à son carrossage, le véhicule respecte bien les différents critères déterminés par le constructeur.

Pour cela, chaque constructeur va mettre à disposition des carrossiers un outil « calculette » leur permettant de mesurer les émissions de CO2 d’un véhicule suite à leur intervention. Certains types, variantes ou versions risquent de ne plus pouvoir être équipés des mêmes carrosseries comme aujourd’hui, appelant les professionnels à la prudence dans la détermination du choix du véhicule lors de la prise de commande entre le client, le concessionnaire et le carrossier.

 

Quel impact sur le marché ?

Le cycle WLTP étant plus réaliste, les valeurs de consommation déclarées vont indéniablement augmenter et, avec elles, le taux d’émissions de CO2 retenu par les autorités. Or, c’est ce dernier qui fixe le montant du malus écologique ; une taxe qui risque donc de flamber pour l’utilisateur final d’autant que le barème actuel bonus/malus n’a pas prévu de tenir compte du changement de cycle de mesures.

A l’inverse des émissions de polluants réglementées par type de véhicules, pour les émissions de CO2, les constructeurs des véhicules de base se doivent de respecter un taux moyen à travers l’ensemble de leur gamme sous peine de pénalités ; une valeur dite CAFE (Corporate Average Fuel Economy) qui est révisée chaque année afin de tendre vers les objectifs fixés par la Commission européenne d’ici 2020.

Face à cette difficulté, le constructeur aura tendance, pour respecter ce taux moyen d’émissions, à éliminer de sa gamme les versions les plus gourmandes en carburant. A cette même fin, une restriction de carrossage est aussi à craindre. En effet, il est possible, pour le carrossier, de se voir imposer petit à petit des consignes de carrossage de plus en plus strictes voire interdire certaines transformations selon le type de véhicule.

 

Comment s’y préparer ?

La mise en place du cycle WLTP est un sujet longuement traité au sein de la FFC Constructeurs via sa Section VUL. A ce jour, peu d’informations filtrent de la part des constructeurs sur leurs outils de calcul.

Dans cette dernière ligne droite, pour éclaircir la situation et permettre les échanges entre carrossiers adhérents et constructeurs, la FFC Constructeurs lance une Section WLTP qui se réunira dès juillet.

 

EkB