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170 ans d’innovation : la filière carrosserie en perspective

La carrosserie française de la Renaissance au 19ème siècle

L’art de la carrosserie naît à la Renaissance.

En réponse à l’utilisation croissante de la voiture attelée par l’aristocratie, la noblesse et la bourgeoisie des villes italiennes puis françaises, qui voyageaient jusqu’alors à cheval, les corporations de charrons et de selliers-garnisseurs développent leurs savoirs-faires afin d’améliorer la suspension, la solidité et le confort des voitures. Chef-d’œuvre artistique réalisé sous la conduite du carrossier, le carrosse royal devient l’un des symboles de la monarchie, dont témoigne aujourd’hui la collection du Château de Versailles.

A partir des années 1830, pour répondre à l’essor des transports consécutifs à l’industrialisation et à la modernisation de la société, un nouveau type d’organisation du travail se met en place. Pour répondre à une demande soutenue en omnibus de transport public, fiacres et cabriolets pour les particuliers, ou des voitures de luxe et d’apparat comme les berlines ou les landaus, le carrossier devient en effet un entrepreneur regroupant dans le cas des grands établissements parisiens plusieurs centaines de compagnons charrons, menuisiers, selliers, forgerons, ferreurs et peintres. On trouve une organisation similaire dans les ateliers de charronnage qui fournissent les voitures nécessaire à l’industrie et au commerce. Enfin, des industries dites annexes se développent en parallèle : lanternes, freins et ressorts, fourniture de textiles ou équipements pour le voyage, tous ses articles sont fournis par des maisons travaillant en étroite collaboration avec les carrossiers.

La carrosserie française : excellence et savoir-faire reconnus dès la seconde moitié du 19ème

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, grâce à sa culture technique, la carrosserie française acquiert un rayonnement mondial : célébrée lors des grandes exposition universelles, disposant d’une offre de formation qui attire les jeunes carrossiers étrangers, étudiée et mise en valeur dans des publications techniques à diffusion internationale, la carrosserie française est structurée autour de la Chambre syndicale des Carrossiers, Charrons et Selliers de Paris, des départements et des industries annexes, fondée en 1844 et ancêtre de l’actuelle Fédération Française de la Carrosserie.

Le potentiel d’innovation technique et le niveau d’excellence du réseau des professionnels de la carrosserie parisienne favorise la naissance de l’automobile dans les années 1890. Les carrossiers sont en effet maîtres dans la conception générale du véhicule et surtout disposent d’un réseau de fournisseurs qui leur ont déjà permis de développer des solutions techniques qui se transposent à l’automobile : avant-train mobile, pneumatiques et bandages en caoutchouc, système de freinage et de suspension, éclairage. La centaine de constructeurs automobiles que l’on recense en France avant 1914 ne proposent pour la plupart que des moteurs sur châssis nus, et les trois « grands » - Renault, Peugeot et Citroën – commencent à peine à développer leurs propres ateliers de carrosserie en débauchant les compagnons des maisons parisiennes.

Seconde Guerre Mondiale : l’industrialisation de la carrosserie française en route

Les choses changent réellement au lendemain de la Première Guerre mondiale. La conception du véhicule est de plus en plus industrialisée suivant le modèle américain. La production d’automobiles en série confine progressivement l’artisanat automobile aux modèles les plus luxueux : c’est dans ce domaine que s’illustrent les grands noms de la carrosserie française de l’Entre-deux-Guerres. Par ailleurs, on assiste à cette époque à la véritable expansion du parc motorisé français : les métiers de la carrosserie commencent à se reconvertir dans la réalisation d’autocars, la construction de bennes et des premiers fourgons, ou la transformation des modèles de série en utilitaire.

Post Seconde Guerre Mondiale : l’expansion des métiers de la carrosserie française confirmée

Cette tendance s’accentue nettement après la Seconde Guerre mondiale.
En France, le carrossage des voitures particulières a presque disparu à la fin des années 1960. Une partie de la profession évolue progressivement vers la seule activité de réparation des voitures de série, tandis que d’autres s’orientent résolument vers la carrosserie industrielle, rejoints par la dernière génération des charrons.

Avec l’apparition des nouveaux matériaux, le développement des produits fournis par les équipementiers toujours présents et la spécialisation de plus en plus poussée des types de véhicules, on observe alors une renaissance de la filière. Du fourgon tôlé de déménagement à la savoyarde du parc d’un transporteur, du Citroën type H transformé pour le boulanger à l’ensemble publicitaire d’une marque d’apéritif pour le tour de France, du frigorifique d’un mareyeur breton au véhicule incendie, la carrosserie industrielle reste l’art de construction, de la transformation et de l’aménagement du véhicule. 

Vous pouvez (re)découvrir cette aventure dans l'ouvrage Fédération Française de Carrosserie, Industries et Services : 170 ans d'innovation.